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L'histoire du Riad Bensouda


Sommaire
  • Historique (Ali Amahan)
  • Description (L.Golvin)
  • Palais & Demeures Fes
  • Le rez-de-chaussé (Pl.I)
  • Le satwan
  • Palais & demeure de Fes
  • Les pièces du rez-de-chaussée
  • Palais & demeure de Fes
  • Les écuries
  • L'entresol (Pl. II)
  • L'étage (Pl. III)

Historique (Ali Amahan)

Cette maison est située non loin des demeures dèjà étudiées dans le quartier Zqaq al-Bgal. Si l'on croit la tradition orale qui attribue la fondation de Dar Squalli au savant Si Dawdi Bensouda -dont le mausolée se trouve en face -, la construction de cette demeure remonterait au XVIII siècle. Edifiée à l'instar des maisons de ce secteur, dans une arsa dite arsa hwaja, elle appartint à la famille Ben Saqrun, négociants et propriétaires terriens.

Au milieu du XIX siècle, la maison fut vendue à la famille Sqalli (1), mais les annexes (masriya, écuries, heri) furent cédées à d'autres familles. Ce processus récent, selon lequel les annexes sont acquises par d'autres propriétaires de la maison principale, traduit un changement profond de mode de vie : en effet, l'importance vitale que les annexes revêtaient traditionnellement pour la maison fasi (chacune ayant une destination spécifique, masriya réservée aux invités ou au fils célibataire , écurie pour la mule du maître maison, heri et sqalabiya, utilisés comme réserves à provisions ) aurait rendu de vente impossibles auparavant. De nos jours, les masriyat sont devenues des habitations indépendantes ;les écuries, ayant changé de fonction, sont désormais affectées à des artisans ou à des commerçants. Cette maison a été restaurée et réaménagée vers la fin du XIX siècle. On aura remarqué que, parmi toutes les maisons étudiées jusqu'à ce jour, c'est la troisième ayant appartenu à cette même famille de commerçants durant ces trente dernières années.

Description (L.Golvin)

On pourrait s'étonner de trouver dans ce tome la description d'une Dar Sqalli alors qu'un immeuble du même nom, situé à proximité de celui-ci, a été étudié dans le tome II. Il s'agissait alors d'une maison datée de XVIII siècle, dont le propriétaire actuel est apparenté à la famille qui occupe la belle maison, objet de notre intérêt. Cette dernière porte la date de 1289 1872-11873 et elle se trouve au n° 14 de la rue Zqaq al-Bgal, quartier Kattanin. Son dernier propriétaire est décédé en1984, quatre ans après la morte de sa dernière épouse, et a laissé sept garçons et trois filles.

1. Sqalli en arabe, peut signifier : sicilien. Le jeune Madani Sqalli nous explique comment ses aïeux, qu'il prétend de noble famille (apparentée à celle du prophète Muhammad), auraient séjourné en Sicile après avoir quitté l'Arabie, d'où leur nom de famille. Ils auraient ensuite vécu en Espagne avant de se fixer définitivement au Maroc.

2. A la mort du père, Al-Hajj « Abd al-Azziz », survenue en 1984, les héritiers étaient au nombre de quatre enfants adolescents, nés de la dernière épouse : deux garçons et deux filles. Mahmud avait vingt ans, Madani ,seize ans, l'aînée des filles, aujourd'hui mariée et fixée à Casablanca, devait avoir quatorze ans tandis que l a dernière fille , Hadija, ne comptait guère plus de douze ans.

Les enfants d'un premier lit, mariés pour la plupart , habitent en ville, à l'exception de Driss (environ trente-cinq ans), qui occupe avec sa femme une sqalabiya (ils ont trois enfants) et « Abd al-Hay », l'aîné, célibataire, qui fait l'office de chef de famille, Musicien-compositeur, il connaît quelque succès, mais il vit surtout de commerce, comme la plupart des ses frères. Vendeurs d'article de ménage, ils occupent cinq boutiques dans l'ancien maristan(hospice d'aliénés) réaménagé en une sorte de funduq où d'autres commerçants sont également installés. Outre ces commerces, les fils de Hajj « Abd al-Aziz » possèdent des immeubles en ville et des terres à la compagne. Mahmud raconte que son père avait débuté très modestement dans la vie en louant une échoppe, puis, à sa force de travail , il avait fini pour acquérir une fortune considérable. Respecté de tous, il l'était tant par sa réussite dans la vie que par ses nobles d'origines (chérif) et sa piété. Les enfants ont conservé un souvenir ému de leur père. Madani a eu son baccalauréat en 1987, il poursuit ses études à la Faculté de lettres. Hadija suivait des cours de couture dans une école voisine, mais elle a dû abandonner pour se consacrer au rôle de maîtresse de maison. La cohabitation dans la grande maison familiale ne va pas sans inconvénients pour l'immeuble, ainsi que nous le verrons.

Palais & Demeures Fes

De la rue, rien ne permet de se rendre compte de l'importance de l'intérieur ; de hauts murs nus se dressent, à peine percés d'étroites ouvertures ; l'entrée ; une porte a un seul battant clouté percé d'un portillon (huha) n'offre aucune originalité. Deux boutiques la flanquent, récupérées pour l'ancienne dar kabira et ses annexes. A gauche s'est installé un tailleur. Un peu plus loin, une porte surélevée conduit à une masriya sur deux niveaux qui, jadis, faisait partie de l'immeuble familial.L'examen du plan de masse précise cette répartition. La dar kabira s'ordonne autour d'un vaste patio sur lequel s'ouvrent, en est , un bortal, en ouest, au nord et au sud, trois belles chambres. Entrée en chicane. Jouxtant cet ensemble , on trouve des écuries et un magasin communiquant avec une grande cuisine. L'entrée aux écuries se fait directement à partir de la rue.
C'est là que s'est installé le tailleur, juste à coté se trouve l'escalier des masriyat, construites au-dessus des écuries.

Le rez-de-chaussé (Pl.I)

De part et d'autre de la cour, au nord et au sud, deux belles chambres (bayt) (5 et 7 du plan) présentent sur les petits cotés deux magnifiques grandes portes à deux vantaux sculptés comportant un portillon (huha). Elles sont bordées de deux fenêtres carrées , protégées par une grille et cerné d'un bandeau de stuc. Elles ne devaient pas exister à l'origine. Un triptyqe de niches, faisant office de faux claustra (3) (sammasiya), surmonte la porte tandis que les battants se terminent en taj finement sculpté et peints. La sammasiya ets bordée de bandeaux verticaux à décor losangé qu'encadre un second bandeau orthogonal qui atteint le plafond. Au-dessus de ce grand panneau en triptyque court un registre horizontal orné d'une composition formée d'un alignement. D'étoiles à huit pointes qui dessinent des galons doubles entrelacés. Cet ensemble est mis en valeur par l a découpe de la galerie ouverte pour une haute et large baie, bordée de piliers très décorés de stucs dans leurs parties supérieures. Cet espace se rétrécit au sommet par la projection de demi-linteaux superposés que supportent des consoles de plâtre sculpté. Prennent appui sur eux deux autres linteaux qui traversent toute la façade. Ces plateaux de cèdre, cernés de baguettes saillantes horizontales et verticales, ne comportent aucun décor sculpté, comme on en pouvait voir auparavant (voir tome I). De part et d'autre de la baie centrale, des arcs beaucoup plus étroits et moins élevés, festonnés, sont surmontés de panneaux de stuc à décor losangé.

Sur la façade ouest de patio, au centre, on trouve une grande porte semblable à celles de deux façades nord et sud ; contrairement aux deux autres, elle ne comprend pas de fenêtre. La galerie comporte un grand espace central, de même découpe que les précédents, flanqué d'arcades outrepassées, légèrement brisées, et surmontées de larges panneaux à décor losangé à remplissage floral.

La façade est, dans son état actuel, ne possède pas de galerie. Elle se découpe cependant comme celle de l'ouest, c'est-à-dire on trouve un large espacement entre piliers, flanqué d'arcades ; mais on a muré ces façades, et également surmonté d'une sammasiya. Un grand auvent de bois l'abrite, au-dessus duquel s'ouvre une fenêtre carrée grillée. Il y avait là, autrefois, un bortal (10 du plan) que nous avons restitué. La partie centrale ouverte aurait été assez basse en raison de l'existence d'une sqalibiya, dont la fenêtre s'ouvre juste au-dessus de l'auvent. Cette restitution fait alors apparaître deux étages de linteaux semblables à ceux déjà évoqués.

Le satwan

L'entrée en chicane n'offrirait aucune originalité par rapport à ce que nous savons si ce n'est l'existence, dans sa première partie, face à la porte donnant sur la rue, d'un escalier (a) montant à l'étage et la présence .
3. Ces niches, en effet, ne traversent pas le mur et ne sont, en fait, qu'un placage décoratif. Il n'en fut pas toujours ainsi dans le passé (cf. tome I).

Palais & demeure de Fes

Sur le mur nord de cette maison, d'une porte ouvrant sur les écuries (14 du plan). Pour une entrer dans le patio, il fallait don franchir trois portes et passer par 1 et 2 en descendant à chaque fois une marche. Le visiteur devrait attendre dans la première salle, où se trouve un banc, avant d'être autorisé à pénétrer plus loin. Ces deux sas franchis, c'était l'émerveillement d'un patio richement orné d'une belle vasque de zallig, et se signalant par l'abondance des stucs et par la finesse d'exécution des balustrades en bois deb l'étage (derbuz).

Les pièces du rez-de-chaussée

En entrant, sur la gauche, s'étend une longue chambre (bayt) (5 du plan) (4) surélevée par rapport au niveau de la cour. Pavée de zallig, elle est plafonnée de solives apparentes peintes, parallèles, et perpendiculaires à l'entrée. Face à la porte, une saniya richement décorée multiple des rosaces dans une gamme assez sobre(blanc, noir, vert et bleu) tandis que les autres parties du sol utilisent des petits carreaux de 0.05 m, sur pointe de couleur ocre jaune foncé, vert et noir sur fond blanc. Des plinthes alignent deux rangées de petits carreaux de 0.025 m sur pointe, entre deux bandeaux bleus. Une porte donnant sur les cuisines défonce le mur est ; elle est condamnée et transformé en placard, tandis que le mur ouest est percé d'une petite porte ouvrant sur un réduit toilette (o) (5) doté d'un lavabo moderne, d'une douche et de latrines avec chasse d'eau(6). Ce réduit joue rôle des anciennes tarma à cloison de bois ouvré. Une petite fenêtre ouvrant sur l'angle nord-est de la galerie, éclaire ce coin toilette.

Si l'on poursuit vers l'ouest, on entre dans un petit couloir, à droite, sur lequel donne un escalier (12 du plan) montant vers les niveaux supérieurs. Le couloir aboutit à une porte à un seul battant qui donne sur une sqaya ornée de zallig. En tournant sur la gauche, on pénètre dans un vaste espace cuisine ( 11 du plan), très profonde, dotée des grands placards et de deux puits de lumières, évacuateurs de fumées. On y trouve encore des latrines (mirhad). Cette grande cuisine, aujourd'hui cloisonné, appartiendrait, nous dit-on, à un état antérieur à celui de la maison actuelle (7).

Côté ouest, la grande porte donne dans une pièce assez étroite (8), résultat d'une modification qui l'a amputée, vers le nord, d'un espace aujourd'hui muré, où un boutique donnant sur la rue s'est installée. Le de cette bayt a été pavé de zallig en petits carreaux polychromes de 0.05 m sur pointe ; le plafond, assez bas, n'est pas celui d'origine, du fait de l'aménagement de d'une sqalabiya à l'entresol ou plutôt, dans les parties supérieures, de la chambre ; de ce fait, c'est dans cette annexe récente qu'on retrouvera le plafond ancien (9). Un réduit trapézoïdal prolonge, au nord, au nord, cette ancienne belle chambre, jouant le rôle de tarma ; on l'a récemment transformé en cuisine et on a ouvert, sur le patio, une porte à battant peinte d'un beau décor floral (fig.7). Ce réduit donne au nord sur des latrines (d). Il est à noter qu'aucune fenêtre n'apparaît sur la façade donnant sur le patio.

Au sud, la grande chambre (7 du plan) a été fractionnée par un paravent de bois ouvré, récent, tandis que le mur ouest communiquait avec une ancienne tarma, soit un réduit (f) attenant et communiquant avec un second réduit pièce d'eau(ma'da), organe de distribution des eaux de l'oued (10).

4. Longueur :13.80 m ; largeur :5.80 ; côté nord :7.40 m.
5. Cette installation moderne est évidemment récente, elle est l'ouvre de « Abd al-Hay Sqalli. Jadis ,il devait y avoir là des latrines et un petit bassin.
6. Des regards sur les canalisations de l'oued se trouvent sous la galerie sud, angle sud-est de la cour, mais les canalisations (qwads) ne fonctionnent depuis quelques années.
7. La maison des sqall, dans son état actuel, est datée de 1872-1873 (supra). Elle a pris la place d'un immeuble plus ancien, probablement du XVII siècle ( ?), dont on a récupéré les vestiges les plus nobles, en particulier les grands vantaux des portes, voire la petite porte peinte d'un beau décor floral, citée plus loin.
8. Dimensions : 4.55 *2.44 m.
9. La chambre est sert de dépôt à Driss Sqalli, il y entrepose de la vaisselle et divers articles de ménage.
10. Le ma'da comporte un regard sur l'eau de l'oued ; on y peut voir le départ d'une canalisation en direction de la fontaine centrale (sahrij) de la cour, ainsi que vers les anciennes cuisines où se trouve la sqaya. Ce ma'da se divise en deux sections : vers l'entrée se dresse un lavabo moderne et, à droite, le ma'da proprement dit avec latrines.

Palais & demeure de Fes

Les fenêtres à belles grilles de fer rond qui, actuellement, éclairent la chambre 7 semblent bien avoir été pratiquées tardivement.

Le pavage, comme dans la chambre 6, utulise des zallig de 0.05 m sur pointe, polychromes. Nous mentionnerons, pour mémoire, l'existence d'un escalier récent (non mentionné sur le plan) qui, obstruant en partie la fenêtre de droite, conduit à la sqalabiya évoquée ci-dessus et pratiquée dans la pièce 6.

Vers l'angle sud-est, où se trouve le ma'da, partant de la galerie, un escalier dessert une sqalabiya en entresol. On trouve encore là, ouvrant sous la galerie, un heri (8 du plan), réserve alimentaire (11).

Côté est était autrefois un bortal (10 du plan). On l'a aménagé en chambre. Le pavage de zallig comporte une saniya garnie de petits carreaux de 0.025 sur la pointe, polychromes, encadrés de baguettes blanches.

Les écuries

Attenant au mur nord se trouvent les anciennes écuries (rwa) (14 du plan), accessibles de la rue par une porte pratiquée dans le satwan (voir ci-dessus). L'entrée sur la rue (13 du plan) est aujourd'hui convertie en boutique de tailleur.
Deux grands arcs reposant sur un pilier central rectangulaire et sur deux piliers adossés divisent l'espace écurie en deux sections. Une troisième arcade est-ouest part du pilier central vers l'est. Les deux sections ainsi obtenues sont voûtées de berceaux parallèles nord-sud. Au fond, une porte accède une réserve à fourrage (mahzan) (15 du plan) qui communique avec l'ancienne cuisine (12).
On notera encore, a ce niveau de rez-de-chaussée, l'escalier à l'angle nord-ouest (15 du plan) qui part de la rue pour monter à la masriya, ainsi que l'existence de latrines sur le premier palier.

L'entresol (Pl. II)

Pour accéder au niveau supérieur, on emprunte l'escalier qui se trouve à l'angle nord-est (12 du plan). Sur la deuxième volée s'ouvre à gauche, un petit placard. Sur la troisième on a aménagé de même un placard fermé et une porte donnant sur une cuisine récemment équipée pour l'épouse de Driss. Ce réduit se prolonge d'un magasin-réserve (bayt hla). La quatrième volée s'éclaire d'une fenêtre protégée par une grille, elle ouvre sous la galerie nord. On arrive alors à un palier sur lequel une porte donne accès à une longue sqalabiya pratiquée au -dessus de l'ancien bortal (14). Nous avons vu que cette pièce s'éclaire par une fenêtre grillée surmontant l'auvent.

Par l'escalier gauche, à l'angle sud-est, on arrive dans une pièce (sqalabiya ou heri) (17 du plan) dotée d'un placard et éclairée faiblement par une fenêtre donnant sous la galerie nord. La pièce, basse de plafond , possède une autre petite fenêtre percée dans le mur sud.

A ce niveau de l'entresol, on découvre, au nord, la première masriya au-dessus des écuries (14 bis). L'escalier 15 arrive à un palier sur lequel s'ouvre une porte accédant à un espace trapézoïdal (15), sorte de patio couvert, actuellement salle de séjour divisée en deux par deux arcs pareils à ceux que nous avions trouvés

11. On y conservait de la viande boucanée (hlia).
12. Les cuisines, en contrebas de la rue (voir coupe IV), ne sont plus utilisées actuellement.
13. L'entrée se trouve en surplomb par rapport au niveau de la rue, mais la route sud-nord de cette dernière fait que la première volée de l'escalier se trouve en contrebas du niveau de la cour de la dar kabira.
14. Hauteur sous plafond :1.90 m, prise sous les solives apparentes ; hauteur totale : environ 2 m.
14 bis. Les masriya ont acquis leur indépendance et on les connaît actuellement sous le nom de dar Saqqat.
15. Longueur : 6 ; largeur nord :4.70 m ; sud :5.50m.
Dans l'écurie ; cet organe de distribution se prolonge d'une pièce (20 du plan) (16) utilisée comme cuisine et dotée de latrine (mirhad). Ce local s'ouvre largement sur un rangement (21 du plan) jouxtant le puits de lumière et d'aération h' (17). En revenant au vestibule-patio 19, on peut par une porte à un seul battant, pénétrer dans une belle chambre (22 du plan) bien éclairée par trois fenêtres sur la rue, et dotée à ses deux extrémités de tarma, celle du sud pouvant communiquer avec l'escalier. La pièce, plafonnée des solives apparentes, est enjambée par deux grands ars transversaux (18).

L'étage (Pl. III)

Les dernières volées de l'escalier 12 mènent à l'étage par une porte surmontée d'un vasistas dans l'angle nord-est de la galerie supérieure (nbah) (gauche du plan). Cette dernière encadre la cour ; elle est bordée de piliers carrés, supports d'une belle balustrade de bois ouvré (derbuz). Comme au rez-de-chaussée, on retrouve ici les mêmes espacements entre les piliers. Sur les petits côtés, le vide central qui compte de 3.15 à 3.40 m se découpe en console de plâtre et en supports de linteaux superposés en gradins ; des baguettes moulurées horizontales et verticales les ornent suivant des dispositions bien connues depuis le XVII siècle (voire tome II) qui ne sauraient faire oublier les belles sculptures d'autrefois (voir tome I). Le haut des piliers s'embellit d'un décor de stuc finement ciselé.

Sur les grands côtés, en revanche, l'espace central compte environ 4 m de largeur et il se découpe comme il a été dit précédemment. On remarquera que les espaces, de part et d'autre du central, ne sont pas de même largeur, mais ces irrégularités se compensent par la beauté de la balustrade et on les remarque guère.

La balustrade de la galerie se compose, sur les petits côtés, de sept panneaux : le plus grand, au centre, presque carré, découpé en grands rosaces à huit pointes, dont les prolongements s'entrelacent en étoiles ; les espaces libres se garnissent d'un réseau de bobines assemblés à des petits cubes. De part et d'autre apparaissent des svastikas, puis d'autres registres étroits composés de trois rosaces superposés (carrés étoilés). Les derniers panneaux, également étroits, procèdent là encore de la multiplication de svastikas.

Les grands côtés offrent une répartition assez analogue, mais, le panneau central, en rosace à huit pointes, et les deux qui l'encadrent, à ornements de svastikas, sont à peu près de mêmes dimensions et rectangulaires. Dans les angles, les raccords s'effectuent par un panneau vertical, en biais, découpé en montants entrelacés formant deux surfaces oblongues superposées et deux demi-surfaces. Ces petits panneaux se terminent, à la base, en un petit arc recticurviligne. Les quatre espaces ainsi déterminés se garnissent d'un réseau de bobines assemblées en biais dans de petits cubes. De solides montants en bois de cèdre bordent tous ses panneaux, les verticaux s'assemblent dans les horizontaux taillés d'une pièce.

Les galeries, pavées de zallig en petits carreaux de 0.05 m, sur pointe, utilisent une gamme où dominent le blanc, le vert foncé, le noir. Elles sont plafonnées de solives apparentes peintes. Au sommet de quatre linteaux court une frise de petites consoles parallèles , dont une double, au centre, supportant un linteau sur lequel déborde un alignement de tuiles demi-rondes, émaillées, verte. Au-dessus , on aperçoit le muret de la terrasse.

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